|
|
Pour plus de détails voir aussi : Les Nabatéens, l'histoire - Les Nabatéens, la Civilisation |
|
Le Khazneh de Pétra
|
|
Pétra
Pétra (ou Ouadi Moussa, en Grec : πέτρα "rocher", nom sémitique : Rekem ou Reqem ou Raqmu "la Bariolée", en arabe : البتراء Al-Butrā') est une ancienne ville troglodytique d’Arabie, aujourd'hui en Jordanie. Rekem est un des anciens noms de Pétra et apparaît dans manuscrits de la mer Morte associée au mont Seir. En outre, Eusèbe de Césarée (ou Eusèbe Pamphile de Césarée, Prélat Grec, écrivain, théologien et apologète Chrétien, v.265-v.340) et Saint Jérôme (ou Eusèbe Sophronius Hieronymus, Prêtre et apologète Chrétien, v.347-420) affirment que Rekem fut le nom originel de Pétra.
Pline l'Ancien (ou Caius Plinius Secundus, écrivain et naturaliste Romain, 23-79) et d'autres écrivains identifient Pétra en tant que capitale des Nabatéens, de langue Araméenne Sémite et comme le principal centre caravanier de la région. Pour la Bible le nom de Pétra correspond à l'Hébreu, Sela (II, Rois, XIV, 7 Isaïe, XVI, 1). Le nom sémitique de Pétra, Rekem est également mentionné dans les Manuscrits de Qumran. Cette ancienne place de commerce, non seulement possédait les avantages d'une forteresse, mais contrôlait, les principales routes commerciales qui la traversaient, de Gaza à l'Ouest, à Bosra et Damas dans le Nord, à Aqaba sur la mer Rouge, et à travers le désert pour le golfe Persique. Elle est renommée pour son architecture de tombeaux creusés dans la roche.
Le site est resté inconnu du monde occidental jusqu'en 1812, quand il a été découvert par l'explorateur Suisse Jean-Louis Burckhardt. Il a été décrit comme "une rose rouge". L'UNESCO l'a défini comme "l'un des plus précieux biens culturels du patrimoine culturel mondial." Le 6 Décembre 1985, Pétra a été désignée site du patrimoine mondial. La zone autour du site est également, depuis 1993, un parc national archéologique. En 2006, une équipe d'architectes a commencé à concevoir un "Centre des visiteurs".
Les recettes touristiques de la Jordanie devraient augmenter de façon spectaculaire avec l'attraction de visiteurs grâce à des voyages organisés. Selon la tradition arabe, Pétra est l'endroit où Moïse, lors de l'Exode du peuple Israélien d'Égypte, fit jaillir une source d'une pierre en la frappant avec son bâton.
Localisation
Pétra est située environ à 100 kilomètres au Nord du golfe Arabique, sur la pente du mont Hor, dans une cuvette entre les montagnes qui forment le flanc oriental de l'Arabah (Ouadi Araba) et la vallée prolongeant le grand rift vers le Nord et qui s'étend de la mer Morte au golfe d'Aqaba. Elle est entourée de hautes murailles rocheuses et occupe le fond d'un ancien lac dont les eaux ont en plusieurs points entamé la roche. Les fouilles ont démontré qu'elles étaient les capacités des Nabatéens à contrôler l'approvisionnement en eau qui ont conduit à la construction de la cité en plein désert, avec la création d'une oasis artificielle. La région a régulièrement des crues soudaines et des preuves archéologiques démontrent que les Nabatéens savaient maîtriser ces inondations par l'utilisation de barrages, de réservoirs et de conduits d'eau. Ces innovations, pour stockée l'eau sur de longues périodes de sécheresse ont permis à la ville de prospérer. Bien que dans les temps anciens on accédait à Pétra par le Sud (Via l'Arabie Saoudite sur une piste menant vers Jabal Haroun, Aaron's Mountain) ou éventuellement par le haut plateau au Nord, aujourd'hui l'approche du site pour les visiteurs peut se faire de deux endroits :
• Par l'Est : C'est une impressionnante entrée, qui est une gorge étroite, profonde, tortueuse et très obscure, à certains endroits elle ne fait que seulement 3/4 mètres de large. Elle est appelée le Sik (ou Siq "l'arbre"), c'est une dépression naturelle géologique de roche de grès qui a dû servir comme un voie d'eau qui s'écoulait dans le ouâdi Musa. Un peu plus loin, au pied de la montagne se trouve un immense théâtre. Au point où la vallée s'ouvre sur la plaine, le site de la ville révèle un effet saisissant. Presque enfermer sur trois côtés, l'amphithéâtre a été réduit par plusieurs tombes construites dans la roche. Les places assises sont encore visibles. • Par le Sud-ouest : On accède à la cité par un chemin de montagne qui est très pénible. Il monte du ouâdi el-Arabah en contournant le mont Hor (ou djebel Haroun). Cela dit ce passage est moins impressionnant que le premier. L'emplacement et l'importance de Pétra nous sont surtout connues à l'époque Gréco-romaine par les écrits de Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C) et Pline l'Ancien (Écrivain et naturaliste Romain, 23-79) qui en donnent des descriptions précises. Pétra est alors la capitale des Nabatéens et donne son nom à la contrée environnante, l'Arabie Pétrée. Les produits naturels y étaient abondants. La ville servait d'entrepôt pour l'or, l'argent, la myrrhe, l'encens qui de là se répandaient dans le monde Gréco-romain. En échange, elle recevait du fer, du bronze de la pourpre.
L'histoire.......
Des découvertes archéologiques faites sur un site proche de quelques kilomètres de Pétra, à Beidha, ont démontré l'existence d'installations sédentaires datant d'une période estimée entre 10 000 et 8 000. Aujourd'hui on sait que des colonies de peuplement ont commencé à Pétra même, en et autour de là XVIIIe dynastie d'Égypte (1549-1295). La cité est inscrite dans les comptes de campagne Égyptienne et les lettres de Tell el-Amarna, de l'époque du Pharaon Amenhotep IV (Aménophis ou Akhénaton, 1353/52-1338) où elle apparaît sous le nom de Sela (ou Seir) ce qui tendrait à penser qu'il ne s'agit pas de Pétra.
Bien que la construction de la ville soit relativement tardive, un sanctuaire existait depuis des temps très anciens. Les arrêts 19 à 26 de la liste de ceux effectués lors de l'Exode sont des endroits associés à Pétra. Cette partie du pays a été attribuée par la Bible aux Horites (ou Horiens, en Égyptien Khar, qui furent des troglodytes mentionnés dans la Torah, Genèse 14:6 dans leur montagne de Séir, 36:20 au sujet des fils de Séir, Deutéronome 2:12), les prédécesseurs des Édomites.
Les habitudes de ces autochtones originels ont influencé les coutumes Nabatéennes, coutume pour enterrer les morts. Le mot Hébreu "Sela ou Selah" signifie "la Roche" et désigne dans la Bible (II Rois, XIV,7; Isaïe, XVI,1) la forteresse Édomite que les historiens ont longtemps identifié au site de Pétra où de Bosra (ou Bostra, au Sud de la Syrie, capitale de la région du Hauran). Les spécialistes sont désormais unanime pou situer Sela plus au Nord, à environ 10 km au Sud de Tafila. Les références bibliques en parlent en fait comme de "la fente dans la roche", se référant à son entrée.
Flavius Josèphe (ou Titus Flavius Josephus ou Josèphe ben Mattatias, historien Juif, 37-v.100) cité par Eusèbe de Césarée (ou Eusèbe Pamphile de Césarée, Prélat Grec, écrivain, théologien et apologète Chrétien, v.265-v.340) et Saint Jérôme (ou Eusèbe Sophronius Hieronymus, Prêtre et apologète Chrétien, v.347-420) affirme que Rekem fut le nom originel de Pétra et qu'il apparaît dans les manuscrits de la mer Morte comme le site le plus étroit d'Édom, décrivant l'entrée de Pétra. Cependant, dans des écrits Araméens Rekem est le nom de Kadesh, ce qui impliquerait que Flavius Josèphe ait confondu les deux endroits ?. Parfois, une version Araméenne donne la forme Rekem-Geya qui rappelle le nom du village d'El-ji, au Sud de Pétra, mais dans ce cas, il est peu probable que la capitale soit définie par le nom d'un village voisin. Le nom sémitique de la ville, du fait qu'il ne semble pas être pas Sela, reste inconnu. Le passage de Diodore de Sicile (Historien et chroniqueur Grec, v.90-v.30 - Bibliothèque Historique - Livre XIX. 94-97) qui décrit les expéditions du Macédonien Antigonos I Monophtalmos (Roi, 306-301) contre les Nabatéens en 312 av.J.C, met en évidence l'histoire de Pétra, mais la "Pétra" dénommée, forteresse naturelle et lieu de refuge, n'est peut-être pas la même ville car la description implique que la ville n'était pas encore construite. Le seul endroit à Pétra où le nom de "Rekem" est inscrit dans la paroi rocheuse du ouâdi Musa est face de l'entrée du Sik. Suite à la construction d'un pont sur l'oued par les Jordaniens cette inscription est maintenant enterrée sous le béton.
La construction la plus ancienne trouvée sur le site de Pétra date de l'âge du Fer (Début vers 1100 av.J.C dans le monde Méditerranéen et vers 800/700 av.J.C dans le Nord de l'Europe). La région de Pétra fait partie à cette époque du royaume d'Édom. Selon l'archéologue Simon Joseph Léon de Laborde, les premières traces d'installations sédentaires Édomites sur le site remontent à la fin du VIIIe ou début du VIIe siècle av.J.C. Les Édomites s'étaient s'installés sur les collines proches de Pétra, dont Umm al-Beira "Mère des citernes" (Il y en avait plusieurs au sommet). Selon la Bible, les Édomites se seraient opposés, au passage de Moïse lors de l'Exode, car il étaient des descendants d'Ésaü, ennemis des Hébreux.
Au cours de son règne, le Roi de Juda Amasias (ou Amaziah, 802-776) attaque les Édomites et s'empare de la la forteresse de Sela, il faut sûrement interpréter par Pétra le nom de cette ville, car il y fait 10 000 prisonniers, que ses hommes jettent vivants du sommet de la montagne. Cependant la saisie de cette forteresse par Amasias ne lui donnera jamais complètement la maîtrise d'Édom. À cette époque, Sela sera le principal bastion des Édomites et Eilat et Ezion-Geber ses ports maritimes. Vers 735, ils se libérèrent de la tutelle Israélienne, mais pour retomber sous celle des Assyriens, nouvel Empire fort de la région.
Après la chute des Assyriens, remplacés par les Néo-Babyloniens, puis la chute du royaume de Juda, devant les mêmes Babyloniens et la prise de Jérusalem, le 29-07-586 où s'en suit la déportation des Juifs en Babylonie, un vide politico-culturel se fait sentir dans la région. Les Édomites, jusque là soumis au Hébreux profitent de l'occasion et s'emparent du Sud de la Judée laissant petit à petit leur ancien territoire, qui se dépeuple. Les Nabatéens occupent alors vraisemblablement ce territoire délaissé par ses habitants et poursuivent leur commerce. Ils prennent le contrôle de Pétra qui devient leur capitale. C'est en effet seulement à partir cette époque que l'on retrouve des inscriptions Nabatéennes sur l'ancien territoire des Édomites. Il n'y a pas de date précise de cette migration, elle s'est surement étalée sur plusieurs dizaine d'années, mais les Nabatéens se rendent maître des côtes du golfe d'Aqaba et de l'important port d'Elath sur la mer Rouge. La période Nabatéennes est mieux documentée que les autres époques de l'Antiquité, mais la plus grande partie des documents étant aujourd'hui détruite, les sources datant de cette époque sont rares.
C'est grâce à certaines dates gravées dans le grès des murs de la ville qui donnent les étapes de la construction de ses monuments qui nous permettent aujourd'hui de reconstituer l'histoire de la cité. Un documents nous est parvenu, de Jérôme de Cardia, un agent des Séleucides. Il mentionne dans un rapport de combat, l'attaque de Pétra, en 312 av.J.C, par Antigonos I Monophtalmos. Il nous décrit que les Macédoniens surprennent dans Pétra les femmes, les enfants et les vieillards, alors que les hommes sont à un marché voisin, et les mettent à mort.
Cependant à leur retour, les Nabatéens font de même, ils attaquent l'armée Macédonienne par surprise et la massacrent. Antigonos I envoie contre eux son fils Démétrios I Poliorcète (Roi 294-287) qui lui préfère négocier la paix en échange d'un riche butin. À cette époque la cité s'étend sur plus de 10 km². La période qui suit, vers la fin du IVe siècle et le début du IIIe, marque la prédominance de la région par les Égyptiens de la dynastie des Ptolémée, bien que les Nabatéens semblent totalement indépendants. Vers la fin du IIe siècle av.J.C, lorsque les royaumes Ptolémaïque et Séleucide marque une période de déclin, le royaume Nabatéen prend de l'essor et Pétra prend l'aspect d'une ville Hellénistique. Cependant ce riche royaume attire les convoitises de son voisin et ennemis le royaume de Judée des Hasmonéens (ou Asmonéens). En 97, leur Roi Alexandre I Jannée (103-76) fait le siège de Gaza, qu'il prend au bout d'un an et massacre une partie de la population. Puis il se tourne vers la Transjordanie et soumet la Galaaditide. Beaucoup de Nabatéens sont convertis de force au Judaïsme par Alexandre I Jannée, qui envahit le Moab. Puis il décide ensuite d'attaquer le plateau du Golan. En 90, le Roi Nabatéen Obodas I (96-85) en est averti et il lui tend un guet-apens près de Gadara juste à l'Est de la mer de Galilée, détruisant ainsi l'armée Israélite et sauvant sa capitale d'une attaque évidente des Hasmonéens. Obodas I ne peu jouir longtemps de sa victoire, en 86 il est attaqué par le Roi Séleucide Antiochos XII Dionysos (87-84) qui envahit la Nabatène.
Le Roi lui fait front, il résiste à l'envahisseur et ses armées vont même réussir à le repousser et sauver l'Empire Nabatéen, mais en 85/84, Obodas I va trouver la mort dans ce conflit. Il est déifié à sa mort et le Deir "Monastère" de Pétra serait lié à son culte funéraire. Sous le Roi suivant Arétas III Philhellène (85-62) la cité se développe grâce au commerce sur la route de l'encens. Cet itinéraire terrestre historique partait du Yémen le long de la côte occidentale de l'Arabie et se divisait à Pétra en une branche Nord-ouest qui conduisait à Gaza et en une Nord-est en direction de Damas.
L'eau et la sécurité faisaient de Pétra une halte pour les caravanes du Sud de l'Arabie, chargées de produits de luxe comme les épices, la soie, les perles et l'ivoire. Des textes antiques sur les Nabatéens, notamment ceux de Diodore de Sicile (Historien et chroniqueur Grec, v.90-v.30) suggèrent que leurs routes commerciales et la provenance de leurs produits étaient considérées comme des secrets commerciaux. Le commerce intermédiaire et des droits de douane produisaient d'importants profits pour la ville. Sous le Roi Obodas III (30-9 av.J.C) les Romains vont tenter de découvrir l'origine des épices et des parfums que les Nabatéens commerçaient, afin de ne plus passer par leur intermédiaire. Les spécialistes sont pratiquement unanimes pour dire que l'apogée de la citée se situe en l'an 50 av.J.C, Pétra aurait abrité à cette époque près de 20 000 habitants, mais les sources divergent sur ce nombre, d'autres estimations donnent 30 000, voire 40 000 habitants. Sous le règne d'Obodas III la plupart des tombeaux de la cité seront construits et sous celui d'Arétas IV Philopatris (9 av.J.C-40 ap.J.C) beaucoup de monuments de Pétra sont édifiés.
Le dernier Roi Nabatéen Rabbel II Sôter (70-106) transfère sa capitale pour des raisons économique de Pétra à Bosra (ou Bostra). Marâ’nâ Rabbel II, comme l’appelaient ses fils sur une inscription, est inhumé dans l’un des tombeaux qu’il avait fait creuser dans la roche à Pétra. Il s'agit peut-être le tombeau dit "corinthien" ou selon d'autres spécialistes, plus probablement, le tombeau voisin dit "à étages" tombe Palace de 49 m x 49 m. Après sa mort, le 21 mars 106, l'Empereur Romain Trajan (98-117) donne l'ordre au Gouverneur de Syrie Cornelius Palma de prendre possession de la région. Confronté pratiquement à aucune résistance, apparemment pas de combat, il conquiert le royaume Nabatéen.
Le 22 Mars 106, il est intégré, ainsi que Pétra, à la nouvelle province Romaine d'Arabie (Provencia Arabia), qui s'étendait du Hauran jusqu'à la mer Rouge. Bosra reste la capitale provinciale et Trajan la renomme Nea Traiane Bostra "Nouvelle Bostra de Trajan" et Pétra reçoit le titre honorifique de métropole (Métropolis). De cette époque paraît dater la voie Romaine reliant Pétra à Jerash (ou Gérase ou Gerasa, en Jordanie).
En 114, Pétra sera la base de départ pour les campagnes de l'Empire Romain contre celui des Parthes. Malgré un déclin dû à l'émergence de la route commerciale maritime entre Myoshormus et Coptos sur le Nil, Pétra va rester un centre commercial cosmopolite, mais les flux commerciaux vont être nettement moins importants. À partir de cette période la culture des Nabatéens se dissipera et disparaîtra. L'Empereur Hadrien (117-138) se rend dans la ville en 131 et lui donne son nom de Pétra Hadriana. Un peu plus d'un siècle plus tard, pendant le règne de l'Empereur Alexandre Sévère (222-235), la monnaie Nabatéenne est abolie. À compter de cette époque, quelques caravanes s'arrêteront encore à Pétra, mais elles deviendront de plus en plus rares au fil du temps. Lors de la réorganisation de l'Empire initiée par l'Empereur Dioclétien (284-305) Pétra devient la capitale de la "Palaestina taertia" ou "Palaestina salutaris". Le Christianisme pénètre à Pétra vers le IVe siècle. Pendant ce temps, Palmyre a grandi en importance et a attiré le commerce d'Arabie loin de Pétra. Il semble, toutefois, que la cité ait résisté en tant que centre religieux. Elle fait désormais partie de l'Empire Byzantin et l'Empereur Dioclétien (284-305) y encourage, comme sur tout son territoire, la diffusion du Christianisme en construisant des églises. En 350, un Évêque est nommé à Pétra et un siècle plus tard de grandes églises sont édifiées dans la ville. Athanase d'Alexandrie (Patriarche d'Alexandrie, v.298-373) mentionne un Évêque de Pétra nommé "Asterius". Le Deir sera même utilisé comme église durant cette période avec des croix peintes sur ses murs et trois autres églises seront découvertes lors de fouilles. La vaste "Tombe de l'urne" de l'époque Nabatéenne, qui correspond à la tombe de Malichos II (ou Malchos, 60-30 av.J.C) ou d'Arétas IV, deviendra une sorte de cathédrale en 446.
Au Nord de Pétra, on trouve plusieurs tombes avec des croix gravées, indiquant que les Chrétiens y enterraient leurs morts. Cependant, Épiphane de Salamine (ou Épiphane de Chypre, Père de l'Église, v.315-403) écrit que dans son temps, une fête a eu lieu, le 25 Décembre, en l'honneur de la Déesse Chaabou et sa progéniture Dushara (Haer. 51). Il n'y eut plus de construction de somptueux tombeaux, apparemment en raison de l'invasion de la région par les Perses Sassanides. Un violent tremblement de terre frappe Pétra le 19 mai 363, endommageant des monuments, dont le théâtre et les aqueducs et paralyse le système de gestion de l'eau indispensable. Selon Cyrille, Évêque de Jérusalem, presque la moitié de la ville fut détruite. La cité, étant déjà affaiblie depuis le début de la domination Romaine par la diminution de ses activités commerciales, n'est pas reconstruite et se vide lentement de ses habitants. Après la conquête arabe Pétra ne jouera plus aucun rôle.
|
|
|
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
|||||
| Les tombes royales -William Bartlett - 1845 | Tombeau palais | Le Deir et l'esplanade | Autre vue du Khazneh | Autre vue du Théâtre | Entrée de l'Urn |
|
Pétra et la religion
Les Nabatéens adoraient les Dieux et Déesses arabes de l'époque préislamique, ainsi que quelques-uns de leurs Rois déifié. Le plus célèbre d'entre eux a été Obodas I qui a été déifié après sa mort. Grâce aux inscriptions on peu connaître quelques divinités vénérée par les Nabatéens comme Allât, Manawât, Hobal. Les Dieux principaux vénérés à Pétra étaient le Dieu Dushara (ou Dusarès ou dhû Sharâ "Celui-du-Sharâ") accompagné de sa trinité féminine : Uzza (ou al-Uzza, en arabe : عزى) et Allat Manah. Beaucoup de statues taillées dans la roche dépeignent ces Dieux et Déesses. Le monastère, le plus grand monument de Pétra, date du Ier siècle av.J.C. Il était consacré à Obodas I (96-85) et l'on croit être le temple d'Obodas Dieu. Cette information est inscrite sur les ruines du Monastère (le nom est la traduction de l'arabe "Ad-Deir).
Au début du IVe siècle, Pétra fait partie de l'Empire Byzantin et l'Empereur Dioclétien (284-305) y encourage, comme sur tout son territoire, la diffusion du Christianisme en construisant des églises. En 350, un évêque est nommé à Pétra et un siècle plus tard de grandes églises sont édifiées dans la ville. Athanase d'Alexandrie (Patriarche d'Alexandrie, v.298-373) mentionne un Évêque de Pétra nommé "Asterius". Le Deir sera même utilisé comme église durant cette période avec des croix peintes sur ses murs et trois autres églises seront découvertes lors de fouilles.
La vaste "Tombe de l'urne" de l'époque Nabatéenne, qui correspond à la tombe de Malichos II (ou Malchos, 60-30 av.J.C) ou d'Arétas IV, deviendra une sorte de cathédrale en 446. Au nord de Pétra, on trouve plusieurs tombes avec des croix gravées, indiquant que les Chrétiens y enterraient leurs morts. Le christianisme, de Pétra au Nord de l'Arabie, sera emporté par la conquête islamique de 629-632.
Le site archéologique
Dans les hautes murailles du Sik on trouve autour de Pétra, creusés à même la roche un nombre immense de tombeaux qui s'étagent sur une grande hauteur et qui présentent des façades de type hellénistique dont le célèbre Khazneh, tombe d'Arétas III et le monastère Deir, tombe d'Obodas I. On y trouve aussi vingt rochers appelés les "jinns", qui représentaient peut-être des Dieux veillant sur la ville. Puis on arrive au théâtre, formé de 33 gradins en trois niveaux superposés en forme de croissant de lune, avec un orchestre semi-circulaire. Construit au Ier siècle, il est taillé dans la roche. Il pouvait accueillir 3 000 personnes (ou 8 500, selon d'autres sources). Le théâtre a été découvert en 1961 et exhumé par une équipe d'archéologues Américains. Des chambres funéraires enclavées dans le massif rocheux situé derrière le théâtre avaient été mises au jour lors de sa construction.
La ville est encombrée de restes d'arcs de triomphe, de temples, etc... Aujourd'hui les tombes dominent toutes ces ruines. Ces monuments, dont le style évoque l'époque Romaine, se sont répandus avec l'extension du royaume Nabatéen en pleine Arabie jusqu'à Medaïn-Salih, l'ancienne Hegra, près de Médine. Le Qasr al-Bint était un des principaux temples de la cité et une des rares structures construites plutôt que creusées dans la roche. Il fut détruit par un tremblement de terre et reconstruit. Beaucoup des plus grands monuments de Pétra (la Khazneh, le théâtre, le Qasr-al-Bint…) furent construits pendant le règne du Roi Arétas IV Philopatris (9 av.J.C-40 ap.J.C). À l'intérieur de la tombe Obélisque qui atteint sept mètres de haut, cinq tombes ont été trouvées, représentées par quatre poteaux en forme de pyramide et la dernière par une statue au milieu entre les piliers. Cette tombe Obélisque est située avant l'entrée dans le Sik.
Pendant la domination byzantine, on construit de grandes églises fastueusement décorées de pierres venant de la Grèce, d'Égypte. On utilise souvent le marbre et le granit des anciens temples Nabatéens et ou Romains. L'Église Byzantine, découverte en 1990, a été bâtie au Ve siècle, elle se trouve au Nord de la rue à colonnades. À l'époque elle était décorée de mosaïques et de pierre, parfois recouvertes de feuille d'or. L'église est victime d'un incendie à la fin du Ve siècle qui détruit le marbre (Éparpillé en plus de 4 000 fragments retrouvés par les archéologues). Avec Qusair Amra et Um er-Rasas, Pétra est un des trois sites Jordaniens inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Cette inscription date du 6 décembre 1985, en même temps que le Qusair Amra. Elle a permis de centraliser et de coordonner l'effort du gouvernement Jordanien et des organismes locaux afin de mieux collaborer. Le Petra Region Planning Council (PRPC), en particulier, coordonne l'action des différents ministères.
Le Petra National Trust (PNT) gère quant à lui la protection contre les crues qui ont posé et posent encore de nombreux problèmes. Depuis 1991, l'UNESCO aide financièrement la Jordanie dans les travaux de restaurations de Pétra.
|
|
|
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
||||
|
Le Deir - David Roberts - 1839 - |
|
|
Lithographe de Deroi - 1830 - |
|||||
|
Pour
d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :
Maria Giulia Amadasi Guzzo et Eugenia Equini Schneider :
-
Petra, Arthaud, Paris, Décembre 1997 - University of Chicago Press, Chicago,
Août 2002.
Christian Augé et Jean-Marie Dentzer :
-
Pétra, la cité des caravanes, Gallimard, 1999.
Negev Avraham :
-
Nabataean Archaeology Today, New York University Press, 1986.
Bernard Bousquet :
-
Découverte de Petra : La carte du site, les nouveaux circuits, B.Bousquet, cop., Montpellier, 1995.
Pier Vicenzo Livio :
-
Petra, Arabesque Int., cop. Paris, 1992.
Honoré Théodoric d'Albert de Luynes :
-
Voyage d'exploration à la mer Morte, à Pétra et sur la rive gauche du Jourdain,
Artus Bertrand, Paris, 1871 et 1876.
-
Petra, the rock city of Edom, Blackie and Son, London, Glasgow, 1939.
-
A street in Petra, British School of Archaeology in Egypt and B.Quaritch, London, 1940.
Francesca Arianna Ossorio :
-
Petra : Splendors of the Nabatean civilization, White Star, Vercelli, Italy, 2009.
Stephan G.Schmid :
-
The Nabataeans, Travellers between Lifestyles, B.MacDonald (éds.), The
Archaeologyof Jordan, Sheffield, 2001.
Henri Stierlin:
-
Pétra, Imprimerie nationale, Paris, 2009.
Fawzi Zayadine :
-
Pétra et le royaume des Nabatéens, SFBD : Archéologia, Dijon, 1991.
Fawzi Zayadine, François Larchéet Jacqueline Dentzer-Feydy :
-
Le Qasr al-Bint de Pétra : L'architecture, le décor, la chronologie et les dieux,
Recherche sur les civilisations, Paris 2003.
|
|
|
|
Bosra (ou Bostra ou Busrana ou Bozrah ou Bozra ou Eski Busra Sam ou Nova Trajana Bosra ou Nea Traiane Bostra, en arabe بصرى) est une ville du Sud de la Syrie. Il s'agit d'un site archéologique majeur qui a été déclaré site du patrimoine mondial de l'UNESCO. La ville est située sur un plateau basaltique à environ 140 km de Damas, entre Tafilah et Chôbak, en plein centre de la région fertile du Hauran dont elle est la capitale. |
||
|
Bosra bénéficiait d'une situation géographique enviable car au débouché des caravanes venant d’Arabie. De ce fait la cité va être très prospère et jouer un important rôle commercial. Bosra entre dans l’histoire à l’époque hellénistique. En 106 ap.J.C, elle est intégrée à la province Romaine d'Arabie (Provencia Arabia), qui s'étendait du Hauran jusqu'à la mer Rouge. Elle en devient la capitale et Trajan la renomme Nea Traiane Bostra "Nouvelle Bostra de Trajan" et Pétra reçoit le titre honorifique de métropole (Métropolis).
Ses roches noires, employées dans la construction depuis des siècles, confèrent à la région entière beaucoup d'originalité. De plus, la dureté du basalte a permis aux monuments de résister à l'usure. La ville a donc assez bien conservé, enserrés dans ses épaisses murailles, un magnifique théâtre Romain du IIe siècle, des ruines d'église Chrétiennes et hélas plusieurs mosquées.
|
Le théâtre Romain de Bosra |
|
|
L'histoire.......
Bosra est mentionnée pour la première fois dans des archives Égyptiennes, dans les documents des Pharaons Thoutmôsis III (1479-1425) et Amenhotep IV (Aménophis ou Akhénaton, 1353/52-1338) où elle apparaît sous le nom de Busrana. Cependant elle va rester très longtemps une cité sans grande importance, ni économique, ni politique, puisqu'elle ne va se développer qu'à partir du IIe siècle av.J.C lorsque la dynastie Nabatéenne va s'emparer de la région. |
|
Autre vue du théâtre |
C'est sous les Rois Arétas III Philhellène (85-62) et Arétas IV Philopatris (9 av.J.C-40 ap.J.C), qu'elle tombe sous leur coupe. Les Nabatéens vont en faire la capitale régionale de la Nabatène, titre qui lui sera accordé officiellement au Ier siècle ap.J.C. sous Rabbel II Sôter (70-106). Après la mort de Rabbel II Sôter, le 21 mars 106, l'Empereur Romain Trajan (98-117) donne l'ordre au Gouverneur de Syrie Cornelius Palma de prendre possession de la région. Confronté pratiquement à aucune résistance, apparemment pas de combat, il conquiert le royaume Nabatéen.
Le 22 Mars 106, il est intégré, ainsi que Bosra, à la nouvelle province Romaine d'Arabie (Provencia Arabia), qui s'étendait du Hauran jusqu'à la mer Rouge. Bosra devient la capitale provinciale et Trajan la renomme Nea Traiane Bosra ou Nova Trajana Bosra "Nouvelle Bostra de Trajan" et Pétra reçoit le titre honorifique de métropole (Métropolis). De cette époque paraît dater la voie Romaine reliant Pétra à Jerash (ou Gérase ou Gerasa, en Jordanie). |
|
Sous domination Romaine la ville prospère et devient une grande métropole, car elle se situe à la jonction de plusieurs routes commerciales sur le principal axe de communication, la Via Nova Trajana, la voie Romaine à la mer Rouge. De plus, 5 000 légionnaires vont venir s'y installer et la cité sera la résidence définitive de la garnison Legio III Cyrénaïqua. Véritable cité Romaine, elle va bénéficier de toutes les installations communes aux cités de l'Empire. Elle est bien sur considérablement agrandie et embellie d'édifices publics organisés autour d'un Cardo et d'un decumanus.
À cette même époque va être aussi édifié un grand théâtre, un des plus vastes de l’Orient Romain où 17 000 personnes pouvaient s'installer assises pour assister aux spectacles, demeuré presque intact jusqu'à nos jours. Le Christianisme pénètre à Bosra vers le début du IIIe siècle, elle fait désormais partie de l'Empire Byzantin. |
Ruines Romaines au Nord de la citadelle |
|
L'Empereur Dioclétien (284-305) y encourage, comme sur tout son territoire, la diffusion du Christianisme en construisant de nombreuses églises ainsi qu'une cathédrale dédiée aux Saints Serge, Bacchus et Léonce. Les deux conseils de l'Arabie en 246 et 247 se sont tenus à Bostra. Très convoitée, Bosra est conquise par les Perses Sassanides, au début VIIe siècle et enfin prise par les forces du califat Rashidun sous les ordres de Khalid ibn Walid dans la bataille de Bosra en 634. Pour la tradition musulmane, c’est à Bosra que le Moine Chrétien Nestorien Bahira reconnut cet enfant "Muhammad" (Mahomet) de dix ans qui accompagnait son oncle "Abou Talib", comme étant le prophète attendu. |
|||||
| Arche Nabatéen |
Monastère de Bahia à Bosra |
|
|||
|
Après la conquête musulmane de 632, la région devient le champ de batailles des musulmans et des Byzantins qui se disputent le contrôle de la Syrie. Aujourd'hui, Bosra est un important site archéologique, contenant des vestiges Nabatéens, Romains, Byzantins et musulmans. La ville dispose de ce que les archéologues pensent être le théâtre Romain le mieux conservé au monde. Chaque année, le théâtre accueil un festival national de musique. Lorsque Bosra est tombée aux mains des arabes en 635 ces deniers étant loin d'être intéressés par l'art transforme le théâtre en forteresse. Parmi les personnages de l'antiquité qui on marqué la cité on note : • Titus de Bosra, théologien Catholique et Évêque, IVe siècle ap.J.C. • Saint Antipater de Bosra, prélat Grec qui a été un l'un des principaux critiques du philosophe néoplatonicien Origène, Ve siècle ap.J.C. • Bahira, Moine Chrétien Nestorien Assyrien qui prédit à l'adolescent "Muhammad" (Mahomet) sa future carrière prophétique, fin VIe et début VIIe siècle. • Ibn Kathir (ou Imâd ad-Dîn abû al-Fidâ' ou Ismâîl ben Umar ben Kathîr) juriste et traditionaliste arabe musulman, 1301-1373. |
|||||
|
|
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
||||
| Ruines Romaines | Place du marché | Le Cardo | Porte Nabatéenne | Vue du site |
|
Pour
d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :
Frank Braemer :
- Le rempart de Bosra au IIe millénaire avant notre ère, pp. 65-74,
Syria 79, 2002.
Jacqueline Dentzer-Feydy :
- Bosra aux portes de l'arabie, Institut Français du Proche-Orient, Beyrouth, 2007.
Helge Finsen et Analecta Romana :
- Le levé́ du théâtre Romain à Bosra, Syrie, Munksgaard, København, 1972.
Michael Meinecke, Flemming Aalund et Lorenz Korn :
- Bosra, M.Leidorf, Rahden, 2005.
Khalīl Miqdād : (ou Khalil Mukdad)
- Le théâtre antique de Bosra, Syrie, Ekrema, Damas, 2001.
Pauline Piraud-Fournet :
- Le "Palais de Trajan" à Bosra. Présentation et hypothèses d'identification, pp. 5-40
Syria 80, 2003.
Émilie E.Ouéchek et Sulaiman A.Mougdad : (ou Sulaymān 'Abd Allāh Al-Muqdād)
- Bosra : Guide historique et archéologique, direction générale des antiquités et des musées
de la république arabe Syrienne, Damas, 1974.
Ricerche Siriane :
- Bosra, Fratelli Lega, Faenza, 1975.
|
|
|